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Israël dit avoir frappé à nouveau des cibles iraniennes en Syrie

Moyen-Orient

"Nous ne laissons pas passer de tels actes d'agression, ni les efforts de l'Iran pour s'établir militairement en Syrie", prévient Netanyahu.

OLJ/AFP
21/01/2019
Israël a frappé dans la nuit ce qu'il a présenté comme des cibles iraniennes en Syrie, causant la mort de 11 soldats selon une ONG et poursuivant une confrontation à risques engagée depuis plusieurs mois sur un théâtre syrien en plein changement.


Ces hostilités, présentées par Israël comme la riposte à un tir de missile iranien, sont le dernier épisode en date d'un affrontement qui a vu Israël attaquer ces derniers mois à de multiples reprises chez son voisin syrien des positions iraniennes ou des convois d'armes destinés à un autre allié du régime de Bachar el-Assad, le Hezbollah. Elles se produisent au moment où le régime syrien, soutenu par l'Iran, le Hezbollah, mais aussi la Russie, a repris après plus de sept ans de guerre le contrôle des deux tiers du pays face aux rebelles et jihadistes, et où le retrait annoncé des Etats-Unis crée l'incertitude.

Le gouvernement israélien martèle qu'il continuera à empêcher par la force l'Iran, son grand ennemi, de s'ancrer en Syrie. Depuis peu, il revendique beaucoup plus ouvertement ses actes offensifs en Syrie. "L'aviation a porté hier soir un coup sévère contre des cibles iraniennes en Syrie après que l'Iran eut tiré de là-bas un missile vers Israël. Nous ne laissons pas passer de tels actes d'agression, ni les efforts de l'Iran pour s'établir militairement en Syrie", a dit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de l'inauguration d'un nouvel aéroport.

Israël a frappé des objectifs appartenant à la Force al-Qods des Gardiens de la révolution (armée d'élite iranienne): la plus importante plateforme logistique de cette unité en Syrie, située à l'aéroport de Damas, des entrepôts de munitions, un centre d'entraînement et un autre de collecte du renseignement, selon l'armée israélienne. Elle s'en est aussi pris à des batteries syriennes qui avaient décoché des dizaines de missiles vers les appareils israéliens, a dit à des journalistes un porte-parole de l'armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. L'armée syrienne avait pourtant été prévenue de ne pas se mêler de l'affaire, a-t-il assuré.


(Lire aussi : Netanyahu à l'Iran : "Partez vite" de Syrie)






Made in Iran

L'agence de presse officielle syrienne Sana a rapporté que la défense anti-aérienne avait intercepté des "dizaines de cibles ennemies". L'armée israélienne dit n'avoir essuyé aucune perte ni dommage.
L'armée russe a confirmé des frappes israéliennes. Selon elle, quatre soldats syriens ont été tués et six blessés. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, a donné un bilan de 11 combattants tués, dont au moins deux Syriens.

Les frappes de la nuit constituent la réponse à un tir de missile sol-sol iranien de moyenne portée dimanche vers la partie occupée par Israël du plateau du Golan. Ce tir a cependant lui-même été précédé dimanche dans le sud de la Syrie de raids israéliens rapportés par les médias officiels syriens et l'armée russe, mais non confirmés, ceux-là, par Israël.

Le projectile tiré dimanche de Syrie était un "missile de fabrication iranienne, mis en œuvre par des soldats iraniens", selon l'armée israélienne. Il a été intercepté par le système anti-aérien "dôme de fer", mais aurait pu menacer la populaire station de sports d'hiver du mont Hermon à un moment où s'y trouvaient des milliers d'Israéliens, a-t-il relevé. Des vidéos ont circulé de traînées laissées dans le ciel au-dessus des skieurs par l'entrée en action du "dôme de fer". La station a été fermée lundi, selon lieutenant-colonel Conricus. Mais l'armée israélienne demeure "en état d'alerte élevé", a-t-il ajouté.

Le gouvernement israélien mène une campagne diplomatique et médiatique contre l'Iran, qu'il accuse de mener des activités nucléaires dangereuses et dont il dénonce les agissements au Liban, dans la bande de Gaza et en Syrie.



(Lire aussi : La Syrie secouée par deux attentats et des frappes israéliennes)



Le risque de l'escalade
Longtemps, Israël est resté discret sur ses menées syriennes. Mais il y a huit jours, M. Netanyahu a confirmé que l'aviation y avait frappé ces dernières années des "centaines" de cibles iraniennes ou du Hezbollah. Dans le même temps, le chef d'état-major sortant Gadi Eisenkot faisait état de "milliers de cibles" iraniennes et du Hezbollah frappées par Israël, surtout à partir de janvier 2017.

"Si vous voulez signifier à l'autre partie que vous êtes résolus à empêcher quelque chose, soit vous augmentez le niveau des opérations - plus de cibles, plus de sophistication - soit vous dites publiquement ce que vous êtes en train de faire pour signaler: je suis prêt à prendre le risque de l'escalade", analyse l'ancien conseiller à la sécurité nationale de M. Netanyahu, Yaakov Amidror.

Certains analystes estiment aussi qu'une telle publicité sert M. Netanyahu à l'approche des législatives du 9 avril.

La liberté d'action d'Israël en Syrie avait été remise en cause quand, en septembre, la défense syrienne avait par erreur abattu un avion russe lors d'opérations israéliennes. Les quinze militaires russes à bord avaient été tués. Moscou avait équipé Damas du système anti-aérien S-300, plus avancé, compliquant la donne israélienne.

M. Amidror minimise toutefois l'influence russe sur les activités israéliennes. "Les Russes ont bien compris depuis le début la logique de ce que nous faisons".

Déclenché en 2011 par la répression sanglante de manifestations prodémocratie par le régime Assad, le conflit syrien s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de puissances régionales et étrangères et de groupes jihadistes. Il a fait plus de 360.000 morts, déplacé des millions de personnes, et bousculé l'équilibre géopolitique régional.








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