Nos Lecteurs ont la Parole

Leurs premières mèches et leurs dents de lait...

Bélinda IBRAHIM
OLJ
21/03/2019

Tomber sur ces petites boîtes en bois que vous aviez soigneusement rangées sous clef, une pour elle, une pour lui, celles portant l’effigie d’une souris, une rose et une bleue, dans lesquelles se trouvent des trésors plus précieux que tous les bijoux du monde : leurs dents de lait.

Ces dents tombées toutes seules, ou arrachées à l’aide d’un fil, lorsque chancelantes, elles hésitaient à séjourner encore pour un moment dans leur bouche d’enfants ou à céder la place à un trou, une petite fenêtre ouverte vers la vie d’adulte que viendrait combler une dent définitive. Puis finalement, abandonner ce nid provisoire pour se résigner à se loger dans cette petite boîte, attendant que la famille entière composée de 20 membres soit réunie.

Et les laisser grandir.

Pareil pour leurs premières mèches, ces boucles soyeuses, fruits de la première coupe ; ces paquets de cheveux aussi doux que leur enfance, aussi pure que la rosée du matin, (re)cueillis à l’aube de leur vie.

Et les regarder repousser.

Feuilleter les albums photo, repasser sur leurs visages d’enfants auréolés de lumière que vous aviez capturés avec votre appareil photo, fixant à jamais leurs plus beaux sourires et leurs yeux émerveillés. Revivre in vivo les étapes de leur enfance, les anniversaires, les voyages, les premiers bains de mer, vos premiers pas de mère.

Accepter d’avoir coupé le cordon.

Revoir en boucle les vidéos débordantes d’amour, de souvenirs heureux, de Noël magiques. Les voir, année après année, se transformer en adolescents rebelles.

Réaliser que ceci fut une période cruciale de leur vie.

Effectuer des allers-retours entre le passé et le présent, en rewind et en forward. Mettre pause sur les gros plans, sur les phases essentielles, sur les phrases tues, sur les étincelles de leurs regards.

Aimer chaque phase de leur vie.

Revenir à l’instant présent, vous dire que, quel que soit leur âge, une maman reste toujours une maman. Casser ce fantasme de la mère idéale qui vous a longtemps taraudée, comme la quête d’un graal que vous n’avez jamais réussi à atteindre, tout simplement parce que les mères parfaites n’existent pas, que chacune fait avec ce qu’elle est, avec ce qu’elle sait et avec ce qu’elle peut. Avoir pour credo cet amour inconditionnel que vous leur portez, comme une seconde peau qui ne vous a jamais quittée et qui ne vous quittera pas jusqu’à votre dernier souffle, voire bien au-delà de la vie terrestre.

Comprendre que finalement, ce sont les enfants qui font les mamans, et non pas l’inverse.

Et les aimer, les aimer jusqu’à ce que votre cœur implose...

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

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